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Quelques descriptions de livres, des pensées, des histoires, des liens... Mixez et voici mon blog !
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15.04.2008
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Comment se fâcher avec sa meilleure copine...

Comment se fâcher avec sa meilleure copine...

Posté le 24.04.2008 par galateaocsyarese
Vous connaissez un gars mignon, avec de beaux yeux, un sublime nez droit, pas trop grand et qui met ses cheveux en catogan ? Mais si, le beau Stefen Cornfoot ! Et devinez quoi ! Il m’a adressé la parole ! Bon d’accord, c’est pas Merlin mais bon, c’est pas ça qui va me déranger.

Stefen Cornfoot quand même ! Celui qui hante mes rêves, qui a fait baisser ma moyenne dans tous les cours communs avec les Poufsouffle et pour lequel je mène une bataille féroce et sans merci contre cette pétasse de Tracey Davis. Le Stefen Cornfoot que j’aime !

Manque de chance, c’était pas le jour où je m’étais vraiment faite belle, pour cause, cette satané de Sinistra avait eut la bonne idée de nous coller un devoir de trois rouleaux de parchemins pour lundi. C’est l’année de nos B.U.S.E., mais quand même, on va mourir sous l’avalanche de devoirs ! Foutue astronomie. Le jour de mon anniversaire !

« Salut Mandy » qui me dit en s’asseyant en face de moi à la table de travail que j’occupais à la bibliothèque.

Je peux reconnaître sa voix entre mille, n’empêche que je sursaute à chaque fois. Je rature tout mon parchemin avant de poser ma plume.

« Stefen ! »

J’essaye de ne pas paraître trop paniquée, parce que, dans ces cas-là, je loupe tout et fais des bêtises. A moi, Lisa et ton calme olympien ! Il a l’air aussi mal à l’aise que moi.

« J’aimerais d’abord te souhaiter un bon anniversaire. Seize ans, c’est ça ? »

J’acquiesce lentement en souriant. Alors, Stefen se penche vers moi et me fait la bise. Sur les deux joues !

« C’est une tradition, chez moi… » Se justifie-t-il maladroitement.

Il a l’air désappointé lorsqu’il réalise qu’il a attrapé ce que j’appelle l’Encritite aiguë.

Les symptômes sont simples. A chaque fois que j’écris, étant gauchère, je me mets plein d’encre sur ma main et comme mes cheveux ne sont pas toujours bien coiffés (que dis-je ? Jamais !), quand je remets une mèche de cheveux derrière l’oreille, je me fous de l’encre de l’encre partout. Foutue majorité droitière.

Je ris nerveusement.

« Désolée. Je suis gauchère et ... »

« Je sais, Wayne aussi.»

Wayne Hopkins ? Mais, ce mec-là est toujours nickel chrome ! Où il n’écrit que très rarement… Botte secrète !

Je dus avoir un air étonnée, car Stefen reprit.

« Il a des plumes Spécial Gaucher. C’est artisanal. Je t’en donnerais quelques unes, si tu veux. »

Je me disais, aussi. Il se tortille sur sa chaise avant de se lever.

« Ben… salut. »

Je ne répondis pas, trop occupée à le regarder. Il allait disparaître quand, subitement, je le halais.

« Stefen ! »

Il se retourne, surpris. Rouge pivoine, je parviens à lui proposer :

« Euh… tu veux venir avec moi, Lisa et Morag à la sortie de Pré au lard, Samedi prochain ? Et euh… »

« Silence ! »

Ca y est, notre bibliothécaire enragée vient de débouler de derrière un rayon, plumeau en main. Stefen revint sur ses pas.

« Bah j’y vais avec Wayne. Je lui demanderais si il veut bien. Je te confirme ce soir, d’accord ? Au dîner. »

Il me fait un petit signe de la main et part. J’essaye de me replonger parmi les étoiles de Sinistra, mais très vite, je pars aussi de la bibliothèque, faute de concentration. Plus tard, l’astronomie !

Stefen Cornfoot vient avec moi à Pré au lard ! Enfin, peut-être… Seul défaut : en bon Poufsouffle, Stefen n’oublie pas son meilleur ami Hopkins… Comme moi avec Lisa et Morag !

      

Quand j’arrive dans mon dortoir (Serdaigle filles, cinquième année), la R.I.T.M. est allumée à fond. Au milieu de la pièce, Lisa et Su sont en pleine démonstration de french cancan et Morag pliée de rire.

Mais… mais c’est quoi ce ridicule levé de jambes ? Mêmes pas tendus comme il le faut ! Je fait semblant de soupirer d’exaspération en les poussant sur le côté et appelle Morag.

C’est comme cela qu’il faut faire ! Jambe tendue, jambe pliée… Une, deux… Une, deux…

Morag est encore plus hilare qu’avant. Tout à coup, elle s’effondre en riant, m’entraînant dans sa chute. Et bien oui, on qualifier Morag de légèrement boulotte et moi, qui est encore plus petite qu’elle, toute frêle comme dit Lisa.

J’éclate de rire à mon tour et toutes les deux, par terre, on a les larmes qui coulent de nos yeux. Tout à coup, je m’écris :

« Stefen Cornfoot est venu me parler ! »

Morag se calme. Su et Lisa se précipitent vers moi et me presse de raconter. Je les laisse s’exciter et puis, coupant le suspense, je déclare :

« Il m’a souhaité mon anniversaire. Je vous rappelle qu’aujourd’hui, j’ai seize ans ! »

Je souris malicieusement en voyant leurs mines déçues.

« C’est vrai ! Nous sommes le seize novembre mil neuf cent quatre vingt quinze ! Et d’ailleurs… » Fait Su en dodelinant de la tête, ses mèches noires virevoltantes dans son dos.

Mais Lisa lui tape le bras en lui intimidant de se taire. La jolie chinoise la fusille des yeux avant de se rappeler quelque chose et de faire un sourire contrit.

« Mais qu’est-ce que… »

« Tu verras ce soir. » me coupe Lisa d’un air entendu.

Message compris. Laisse tomber. La musique, que nous avons oubliée, baisse brusquement. Su se retourne brusquement.

« Padma ! » jette-t-elle furieusement.

Un matelas grince, il y a un bruissement de rideaux. Notre chère indienne sort, baguette à la main. Ah ! Elle a sa tête des mauvais jours.

« Avez-vous vu le bruits que vous faisiez ? Et d’ailleurs, vous n’avez pas vos devoirs d’astronomie à finir ? »

Contrairement à moi, Padma est cent pour cent Serdaigle. Et d’ailleurs, pour moi, c’est à commencer, pas à finir !

« Moi, c’est terminé ! Hier soir, vingt-deux heures ! » S’exclame Su en se précipitant dans son armoire pour exhiber fièrement une liasse de trois rouleaux de parchemins.

Je sais que Morag est plus en avance que moi sur ce devoir, vu mon dégoût pour cette matière. Lisa doit l’avoir fait hier soir avec Su, pour avoir son week-end de libre. Donc, je peux croire que je suis la seule à ne l’avoir pas fait. Ma théorie se confirme avec les sourires de Morag et Lisa.

« Tu ne l’as pas commencé ? » s’étonne Lisa.

Les lèvres de Morag forment un rictus. Des fois, je me dis qu’elle pourrait être à Serpentard. Et moi à Poufsouffle.

« C’est bon, pas besoin de se moquer. » maugréer-je. « Il est midi passé, vous voulez aller manger ? »

Morag et Su m’empoignent alors par les deux bras pendant que Lisa s’écrie que c’est une bonne idée. Je réussis à les convaincre que je dois d’abord aller me laver les mains et le visage. Je reviens cinq minutes plus tard, Lisa est là, en train de vérifier son balai et discute tranquillement avec Padma. Je devine que Morag et Su sont déjà descendues manger. Ventres sur pattes !

Je passe les portes de la Grande Salle avec Padma et Lisa et nous croisons deux Gryffondor : Seamus Finnigan et Dean Thomas. Lisa aussi s’aperçoit du roux et je rigole un peu quand elle se redresse et… Ha ! On peut dire qu’elle est vraiment amoureuse de Finnigan… Oups ! C’est vrai qu’il faut dire Seamus…

Je m’assoie en face de Su qui ingurgite fourchettes sur fourchettes… Comment peut-elle manger tout ça ? Le pire, c’est qu’elle n’est pas du tout grosse ! Où passent toutes ces calories ? Mystère et crin de licorne…

De ma place, je vois toute la salle. Il y a le rat de bibliothèque Gryffondor qui se dispute avec un des grands frères de Ginny Weasley, Ronald, je crois et l’autre mal embouchée de Serpentard est à sa table, j’ai nommé Tracey Davis… Oh oh ! Stefen et Hopkins mangent à la table des Poufsouffle… Ma proposition à Stefen me revient subitement.

« Morag, Lisa… au fait … »

Mes deux copines lèvent la tête, Morag tenant un bout de tarte à la main. Je leur explique rapidement, et Lisa sourit malicieusement.

« Si tu veux, si tu veux… »

Attends ! Tu ne vas pas me refaire le coup de l’autre fois où tu m’avais laissé avec Eddie Carmichael qui avait essayé de m’embrasser ! Elle devine mes pensées et secoue sa tête.

« Ne t’inquiète pas ! »

On finit de déjeuner et tout de suite après, Morag m’entraîne à la bibliothèque. Pour finir ton devoir d’astronomie, dit-elle. Elle me traîne à la bibliothèque plus qu’autre chose et quand nous sommes assises à une table au fond des rayons, oh ! Miracle ! C’est trois rouleaux de parchemins qu’elle me tend. Un devoir d’astronomie !

« Cadeau ! »

Puis elle sort sa baguette. Non ! Ne les efface pas ! C’est qu’elle en serait bien capable. Quand je vous dis qu’elle pourrait être à Serpentard ! Elle murmure quelque chose. Quelle est la formule ?

Les lignes se brouillent. Eh… non ! Mais les lettres se reforment, et je remarque que… c’est toujours un devoir d’astronomie ! Et ! De ma belle écriture toute brouillonne !

Et ben dis donc, pour être un cadeau, c’est vraiment un cadeau !

Mes yeux brillent toute l’après-midi que nous passons à bavarder, à nous promener dans la château ou dans le parc.

Nous croisons les jumeaux Weasley au septième étage. Ils conversent avec véhémence sur des baguettes farceuses et pralines longues langues. Je leur demande gentiment s’ils ont mis leurs boîtes à flemme au point. Ils me répondent qu’ils viennent juste de trouver l’antidote de la pastille de Gerbe, l’essence de Murlap. Et se demandent pourquoi une si jolie Serdaigle comme moi (ce sont leurs mots !) aurai besoin d’une boîte à flemme. Parce que, normalement, les Serdaigle sont des acharnés du travail ? Non ! Pas moi, en tout cas ! Erudite, oui, mais pas acharnée ! Je grogne le nom de ma matière détestée, cette bonne vieille astronomie !

Ils rigolent mais m’en vendent une à prix : trois gallions ! Vendue ! On règlera cela discrètement demain matin au petit déjeuner.

Justin Finch-Flechtley, un Poufsouffle que je trouve un peu gonflant,nous croise et propose à Morag, dont il est amoureux, d’aller prendre une collation, comme il dit, aux cuisines.

Et moi, je suis une vieille chaussette trouée, que l’on laisse tombée, c’est ça ?

Heureusement pour moi, Morag arrange la situation en proposant d’aller tous les trois goûter. Justin serre les lèvres mais accepte, presque à regret. Dommage pour ton tête-à-tête avec ta dulcinée, Finch-Flechtley !

Je m’empiffre plus qu’autre chose pour avoir quelque chose d’autre à faire que d’écouter le Poufsouffle qui essaye de séduire ma chère meilleure amie. Moi, je l’aurai envoyer balader depuis longtemps, mais Morag l’écoute attentivement, comme si il lui expliquait une leçon de Métamorphose, hochant la tête quelque fois et grignotant ses muffins à la myrtille. Puis elle commence à parler de Portree, sa ville natale. J’y suis allée deux étés de suite chez elle, et connais bien Portree, peut-être aussi bien Stoke-on-Trent, ma ville d’origine. Whitby, terre ancestrale de Lisa, est jolie aussi, bien que ses parents moldus soient un peu bizarres.
On arrive à se débarrasser de Justin.

« - Qu’est-ce qu’il est collant, Morag, ton chevalier servant, tu ne trouves pas ? » souffle-je alors que l’on faisait le tour du lac.

Elle fit une moue en haussant les épaules.

« - Non, il est très sympa, je trouve. »

J’émis un petit rire moqueur à son intention.

« - Bien sûr. Ne me dis pas que l’histoire de sa famille et le nombre de pièces dans son manoir t’ont passionnée ? »

« - Si, c’était assez intéressant. En plus,… »

Je continue de me moquer.

« - Bien sûr, bien sûr. Je te crois, Morag Macdougal. Je te crois ! »

Elle s’arrête de marcher. Me regarde dans les yeux, la colère montant dans ses yeux bleus. Même ses frisettes de cheveux roux bruns semblent électriques. Elle pointe son index vers moi.

« - Tu sais quoi, Mandy ? J’en marre. J’en ai marre de toi. Et tu sais pourquoi ? »

Elle est furibonde, et vraiment en colère. Je ne l’avais jamais vu comme ceci. Elle enfonce son doigt dans ma poitrine.

« - Tu n’arrêtes pas de te moquer de moi ou de Lisa, quand un gars qui nous intéresse ou qui s’intéresse à nous, quand ce n’est pas pour toi, ma petite. Je te vois bien rire quand Lisa essaye de séduire Seamus Finnigan en apprenant le gaëlique et moi, quand Justin est venu, tout à l’heure. J’aurais pu aller avec lui, mais, en bonne copine, je ne t’ai pas laissé tomber, comme toi avec moi et Lisa, quand les garçons t’appellent. Alors petite égoïste, ne pense pas qu’a ton nombril ! »

Elle me fait vraiment mal maintenant, avec son index. Elle relâche la pression et tourne les talons, se dirigeant vers le château. Prise d’une soudaine inspiration, je lance fortement :

« - Tant mieux ! Bon débarras ! Moi aussi j’en ai ras la casquette de toi !»

Elle se pétrifie avant de se retourner lentement. Elle revient vers moi, et me fait tomber à terre.

« - Brocklehurst, ce n’est pas parce que tu es une des jolies filles de Poudlard que tu es supérieure aux autres. Sache que les Serdaigle comme moi avons prévu depuis longtemps la fête de tes seize ans, comme le veux la tradition, mais tu vas voir, Brocklehurst, tu vas regretter d’avoir agi comme ça. »

Je lui souris d’un air arrogant.

« - Tu vas regretter tout cours. »

Et elle se jette sur moi. Nous nous battons par terre, dans la neige, comme des folles. Des élèves se regroupent autour de nous et commencent à nous encourager. Personne ne bouge, et j’ai pas l’avantage sur cette fille, grosse et plus grande que moi. Ses ongles longs griffent mon visage, alors que les miens ne me servent à rien étant rongés. Je parviens à lui décocher un coup de poing dans son menton en galoche avant d’être soulevée du sol.

« - Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ? »gronde la voix sourde de Hagrid.

Il me faisait un peu peur avant, mais maintenant, avec tous ses bleus sur le visage, il me terrifie carrément. J’étais soulevée par sa main droite et Morag Macdougal par la gauche et l’autre fille saignait du nez et avait un gros bleu qui grossissait sur sa joue. Elle avait aussi les cheveux décoiffés, et plein d’autres petites blessures, ce qui ne lui empêche pas de glapir, furieuse :

« - Elle a dit que Harry Potter et Dumbledore disaient vrai à propos de ce qui s’était soi-disant passé en juin dernier ! » ment-elle.

C’est vrai que sur ce point nous ne sommes pas d’accord, que je suis avec Dumbledore et Harry Potter et pas elle, mais ces dernières minutes, nous n’en avions pas parlé.

Les petits yeux d’Hagrid brillent quand il approche la tête de Macdougal contre la sienne. Il me pose par terre.

« - C’était une raison suffisante pour la battre ? » grogne-t-il.

« - Que ce passe-t-il ici ? Hagrid ! Lâchez immédiatement cette élève !»

Ombrage, notre prof de défense contre les forces du mal, arrive en courant. Quand elle me voit, par terre, moi aussi blessée, elle pousse un cri.

« - Hagrid ! Qu’avez-vous fait à ces deux élèves ? Etes-vous fou ? »

J’essaye d’expliquer mais je fis juste un grognement. Mes joues me font mal et je sens du sang couler sur mon visage. Je dois avoir l’arcade sourcilière gauche ouverte.

Ombrage l’interprète par un signe de douleur. Elle avise deux grands et costauds garçons pour qu’ils amènent moi et l’autre fille jusqu’au l’infirmerie. La grande inquisitrice dissipe la foule de curieux et nous suis avec Hagrid.

Les minutes suivantes sont brumeuses. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. J’entends encore le cri perçant de Mme Pomfresh quand elle nous vit débarquer, la douleur quand elle me soigne le sourcil, la stupéfaction que j’ai quand je vois mon visage bleuté dans le miroir tendu par l’infirmière…

Je suis à présent sur pied, juste une heure plus tard, et avec Macdougal dans le bureau de Dumbledore, qui nous regarde par-dessus ses lunettes en demi-lunes.

« - Je ne pense pas qu’une divergence d’opinion soit à l’origine d’une pareille altercation. Ai-je raison, Mesdemoiselles ? »

Il vient d’entendre la fable que lui a raconté Mcdougal.

« - Toutefois, je ne préfère pas savoir les vrais raisons de cet accrochage. Cela ne regarde que vous deux. J’espère seulement que cela ne reproduira plus, Mesdemoiselles. »

Il hoche lentement la tête quand nous acquiesçons. Comprenant le message que l’entrevue était terminée, je sors la première du bureau directorial, presque en courant. Sur ce point-là, je crois que je suis totalement Serdaigle. Je déteste aller là !

Dans le couloir, j’échange un regard furieux avec mon ancienne amie. D’un côté, je ne comprends pas. Je ne la comprends pas. Pourquoi s’est-elle emportée comme cela ? Quand je questionne Lisa qui passe dans le corridor du troisième étage, elle me répond assez brièvement, curieusement surtout.

« - Je savais que cela devait arriver un jour. Souffle-t-elle. De toute façon, tu crois que tu n’es pas un peu coupable de ce qui arrive. Je crois que tu devrais un peu te remettre en cause, quelquefois. Dommage que cela arrive précisément le jour de tes seize ans. »

J’essaye de l’interroger sur la soi-disant fête de tradition des seize ans chez les Serdaigle mais elle me fait un sourire en coin.

« - Tu dois être la seule Serdaigle à ne pas savoir. De toute façon, n’essaye pas d’aller dans la salle commune avant le dîner, tout le monde t’en dissuadera. »

Je déteste l’expression favorite de Lisa, « de toute façon ». Je bougonne un peu, mais elle me plante là. Je me décide à aller à la bibliothèque élucider le mystère des seize ans chez les Serdaigle. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

A la bibliothèque, je repère une biographie de Rowena Serdaigle tout en haut d’un rayonnage. Je grommelle un Accio pour l’attraper. Je déteste être petite dans ces cas-là !
En me laissant tomber sur une chaise d’une table de travail, je cherche fébrilement dans le sommaire. Rien qui pourrait m’intéresser. Je me mets alors à feuilleter les pages en vélin jaunis sur les bords. Il y a beaucoup de renseignements. Normal, c’est une copie de ses mémoires.

J’apprends alors que la fondatrice de ma maison était la plus jeune des Quatre de Poudlard. Vingt-cinq ans de différence avec Helga Poufsouffle, qui fut pourtant la confidente de Rowena Serdaigle, quinze ans avec Godric Gryffondor et que cinq avec Salazar Serpentard, avec qui elle avait eut un garçon et une fille.

Je trouve enfin ce que je cherche.

La légende veut que Gryffondor soit le plus courageux des Quatre, mais de mon point de vue, je pense que Rowena Serdaigle avait un sacré courage pour s’enfuir de sa famille, renier tout et vagabonder sur les routes pas du tout sûres du milieu du Moyen Age anglo-saxons. Toute seule ! C’était quand même une très jeune femme frêle sans défense ! Et devinez quoi !

C’était à ses seize ans !

C’est sûr que là, tout s’explique ! Je demande à une fille de Poufsouffle qui travaille à côté de moi si elle peut me prêter un bout de parchemin, une plume et de l’encre. Elle me prête tout, même la plume qu’elle utilise et je note rapidement le titre du livre : « Mémoires de Rowena Serdaigle ». En échange, elle me demande de lui monter un sortilège hyper simple pour ma part mais qu’elle n’arrive pas. Je la remercie et pars de la bibliothèque en fourrant le bout de parchemin et ma baguette dans ma robe.

Je grimpe les escaliers vers la Grande Salle pour dîner. Personne de Serdaigle de mon année n’était attablé. Il y a bien Luna Lovegood, mais je ne me sens pas trop d’humeur pour aller manger avec elle. Quoi que…

Par chance, j’aperçois Megan Jones et Susan Bones à la table des Poufsouffle. On est un peu amies, et elles acceptent que je dîne avec elle. On est en train de discuter lorsque les garçons Poufsouffle de la promotion arrivent. Ils s’asseyent de par et d’autre, et j’ai Stefen à ma droite, Ernie MacMillan à ma gauche.

Zacharias Smith, à mon grand étonnement, embrasse Megan et garde sa main autour de sa hanche pendant tout le repas. Cela ne semble pas la déranger et ce n’est qu’après que je comprends qu’ils sortent ensemble. Il me demande si c’était vrai que moi et Morag Macdougal nous nous étions battus.

« - Oui, c’est exact. » Réponds-je en me resservant de pommes de terres sautées.

Zac, comme il m’a permis de l’appeler, parait impressionner. Les autres aussi.

« - Et tu n’es pas allée à l’infirmerie ? » s’étonne Susan.

« - Si, bien sûr. Elle était vraiment coriace, celle-là ! » plaisante-je au sujet de Morag Macdougal.

Ils éclatent de rire. Sauf Stefen, qui fronce les sourcils en scrutant mon visage.

« - Tu avais l’arcade sourcilière ouverte, Mandy. » Fait-il en touchant légèrement mon sourcil gauche.

Ce doux contact faillit me faire frissonner. Heu… rectification, ce doux contact me fait frissonner ! Stefen doit le sentir, car il sourit, un peu moqueur et content de son effet. En plus, je deviens poète !

« - Tu as eu de la chance de pouvoir sortir ce soir, moi, l’infirmière m’aurait garder trois quatre jours ! »

Wayne Hopkins, qui est à côté de Stefen, lui fait une bourrade amicale.

« - Toi, c’est sûr, tu es un petit casse-cou, hein, Stefen ? »

Il espérait nous faire tous rire, mais sa remarque était un peu… comment dire ? Nunuche. J’émets un rire nerveux. Il ne parait pas s’en formaliser mais me regarde dans les yeux. Les siens sont vairons. Noir et vert. C’est vraiment bizarre, mais on s’habitue à tout, non !

Les Poufsouffle essayant de voir quelle autre maison à Poudlard leur irait le mieux, je me prête au jeu, et, après une ribambelle de questions, Susan m’annonce que je peux être une Gryffondor.

« - Ne serait-ce que pour ma tendance à foncer dans le tas sans réfléchir, oui, je pourrais être chez les Gryffondor… »rigole-je.

« - Mais c’est comme cela qu’on t’aime, Mandy ! » offre une petite voix fluttée, derrière moi.

C’est Su, sa couette de travers sur la tête, ses yeux bridés étincelants. J’ai soudain une pointe de honte au fond de moi. N’ai-je pas laisser tomber mes amies Serdaigle quand sont venues manger ? Je les voyais bien, du coin de l’œil, mais j’étais trop contente d’être à côté de Stefen.

« - Mandy, tu viens ou pas ? Je te rappelle qu’aujourd’hui tu as seize ans. Et tu es une fille, étudiante à Serdaigle, non ? »

Je me lève comme un condamné qui va à la potence, un peu coupable de les avoir laisser tomber. Su rie gentiment.

« - Ne fais pas cette tête et viens avec nous, si tu ne t’es pas encore totalement transformé en Poufsouffle… »

Elle adresse un grand sourire à toute la tablée et Wayne Hopkins la regarde d’un œil méfiant. Megan se retient difficilement de rire. Elle a bien compris que c’était pas méchant, elle !

Je leur dit salut rapidement et au moment au j’allais partir, Stefen me retient par la manche.

« Pour samedi prochain, c’est d’accord. Mais je serais seul, Wayne a besoin de rester ici. » me chuchote-t-il.

Quand je pars avec Su, je crois qu’un grand sourire éclaire mon visage. Stefen seul, avec moi et Lisa. Ah, cette fois-ci j’espère qu’elle va me laisser seule, quelques minutes avec lui


(image : dessin de moi )



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