Rowena Serdaigle gémit affreusement. Elle ne pouvait plus le lui cacher. Dans deux mois, il allait éclore. Elle allait peut-être mourir.
On pouvait dire ce que l’on voulait, mais dans ce domaine là, les connaissances magiques n’étaient pas supérieures à celles moldues. Rowena savait très bien qu’elle pourrait mourir si des complications survenaient. En donnant la vie à l’enfant de celui qu’elle aimait plus que tout. Godric Gryffondor.
Une de ses servantes arriva en courant, voyant sa maîtresse gémir.
« - Ma Dame, ma Dame, allez-vous le lui dire aujourd’hui ? demanda-t-elle en prenant la main blanche de Rowena.
- Pegeen, ma chère Pegeen, je redoute plus que tout sa réaction. Il est tellement imprévisible… Me grondera-t-il ? M’abandonnera-t-il ? Quel malheur pour l’école ! Les sorciers ne voudront plus envoyer leurs enfants pour étudier avec des Professeurs qui conçoivent sous leurs nez !
- Ma Dame, arrêtez de dire des sottises. L’école ne sera pas en péril. Maître Gryffondor ne vous abandonnera pas, voyons ! Si vous le voulez, je peux envoyer Siobhan chercher le Maître. Vous lui expliquerez votre situation ici. Je suis sûre que tout s’arrangera.
- Oui, Pegeen, tu as raison. Que ferais-je sans toi ! Dis à Firinne de préparer ma robe bleue, ma cape et qu’elle vienne ici avec de quoi me coiffer peu avant les Vêpres. Et envoie Siobhan dire à Godric que j’ai besoin de le voir après les Vêpres dans mes appartements.Moi, j’ai une classe de jeunes gens à instruire.
- Bien, Ma Dame. »
La jeune femme fila chercher ses consoeurs tandis que Rowena allait dans l’aile ouest du grand château qu’était Poudlard. A son passage, élèves, fantômes, statues, tableaux et mêmes armures la saluaient avec véhémence.
Tandis qu’elle montait au Septième Etage, à la Salle sur Demande, elle croisa Salazar Sepentard. Ils se saluèrent chaleureusement, se promirent de se retrouver le soir même au dîner dans la Grande Salle, pour pouvoir discutait de quelques histoires futiles.
Arrivée devant la Tapisserie de Barnabas le Follet, elle fit apparaître d’un tour de baguette un siège. Ses élèves arrivaient à présent, seuls ou par petits groupes. Avant, elle serait restée debout pour les accueillir, mais là, elle ne pouvait plus. Depuis quelques temps, elle n’arrivait plus à rester debout aussi longtemps qu’avant. Elle sourit gentiment quand Geilis Naoise la salua. Geilis était brillante, comme l’indiquait si bien son nom. Rowena était très fière de compter cette jeune fille parmi sa maison.
Quand Rowena commença son cours, Geilis se montra très attentive en saisissant un parchemin et une plume qu’elle trempa dans de l’encre pour écrire tout ce que dirait sa professeur.
« - C’est très bien, je vois que tout le monde a réussi à trouver le lieu de notre cours et je suis très heureuse de constater que vous n’êtes pas trop turbulents et que… commença Rowena. »
Rowena fit son cours tranquillement à ses élèves qui avaient formé un cercle autour d’elle. Ils posaient quelquefois des questions, et Rowena répondait aussi précisément qu’elle le pouvait, conseillant quelque fois à ses disciples de poser les questions à ses collègues, Godric, Salazar ou Helga. Quand la sonnerie retentit, la fondatrice les congédia et, après avoir fit disparaître, se repartit vers ses appartements. Geilis l’avait attendue, et les deux sorcières discutèrent légèrement lorsque Geilis, après un long silence, s’exclama :
« - Ma Dame Serdaigle, vous êtes porteuse d’un enfant.
Rowena se raidit brusquement. Oh, non, il ne fallait que personne ne le sache ! Elle entraîna son élève derrière une tapisserie, et oubliant toute réserve, implora :
- S’il te plaît, sous le coup de l’émotion, elle oubliait de la vouvoyer, s’il te plaît, Geilis, je t’implore de ne rien dire, de ne rien révéler à personne. Surtout pas à Godric ! Supplia-t-elle.
Geilis resta un moment interdite.
- Vous voulez dire, ma Dame Serdaigle, que le père de votre enfant est… Maître Gryffondor ? Murmura-t-elle lentement, comme pour s’assurer de ne pas dire de bêtises.
Rowena gémit encore. Elle aimait beaucoup la perspicacité de son élève, mais là, elle aurait préféré qu’elle soit idiote.
- Ma Dame Serdaigle, je vous jure que je ne dirais cela à personne, à personne ! Jura alors Geilis.
Rowena soupira en se calmant doucement.
- Geilis, je peux vous demander une chose, s’il vous plaît. Comment savez-vous que je porte cet enfant ? demanda la galloise. Elle avait retrouvé ses esprits et ses habitudes, car elle recommençait à vouvoyer Geilis.
- Ma mère aide les femmes à mettre au monde leur bébé. Je vous observe depuis quelques mois et vous avez tous les symptômes des mères. Répondit obligeamment Geilis.
Rowena soupira à nouveau. Elle était soulagée. Personne ne savait. Elle prit congé auprès de son élève et arriva dans ses appartements.
Quand elle entra, il n’y avait personne. Personne, aucun de ses serviteurs. A part lui. Elle le reconnaissait à son odeur. Godric l’entendit rentrer et se leva, un long parchemin à la main.
« - Rowena ! Je t’attendais. Tu as envoyé une de tes serveuses, Siobhan, je crois me chercher pour venir te voir aux Vêpres. C’est important, d’après Siobhan. T’es-tu blessée ? Fis-il en s’approchant de son amante.
Il lui baisa la main, et les deux joues, avant de s’approcher de ses lèvres. Mais elle le repoussa fermement. Godric parut décontenancé mais suivit la sorcière qui s’assit devant la cheminée allumée, jambes repliées sous elle, mains sur son ventre arrondi. Dans cette position, Godric remarqua aisément son ventre signalant sa grossesse.
- Oui, je porte un enfant. Le père est … toi. Répondit Rowena à sa question muette, en regardant le ballet des flammes dans l’âtre.
Elle avança lentement sa main, au risque de se brûler. Gryffondor lui la prit.
- Depuis combien de temps ? demanda-t-il simplement après un long moment.
Rowena fut soulagée. Au moins, il ne l’a pas mal prit. Mais attention, on ne sait jamais, avec Godric Gryffondor.
- Je ne sais pas exactement. Depuis environ sept mois. Je mettrai au monde d’ici deux mois, environ.
-Est-ce que tout le monde le sait ? Craigna-t-il.
Rowena hocha lentement la tête.
- Trois de mes servantes et une élève. Elles ont toutes promis de garder le secret.
Il ne parut pas plus rassuré pour autant. Rowena précisa.
- Une élève a deviné ma situation. Mais sa mère aide les femmes à accoucher. C’est Geilis Naoise.
- Ah ! Cette élève a beaucoup de potentiel. J’étais entrain de lire une de ses dissertations, elle est captivante. D’après elle, on pourrait voyager par les Cheminées ! Dit Godric en changeant de sujet.
Il ne pouvait en être autrement, Godric Gryffondor devait accepter la naissance de son fils, ou de sa fille. C'était comme ça...
Vous connaissez un gars mignon, avec de beaux yeux, un sublime nez droit, pas trop grand et qui met ses cheveux en catogan ? Mais si, le beau Stefen Cornfoot ! Et devinez quoi ! Il m’a adressé la parole ! Bon d’accord, c’est pas Merlin mais bon, c’est pas ça qui va me déranger.
Stefen Cornfoot quand même ! Celui qui hante mes rêves, qui a fait baisser ma moyenne dans tous les cours communs avec les Poufsouffle et pour lequel je mène une bataille féroce et sans merci contre cette pétasse de Tracey Davis. Le Stefen Cornfoot que j’aime !
Manque de chance, c’était pas le jour où je m’étais vraiment faite belle, pour cause, cette satané de Sinistra avait eut la bonne idée de nous coller un devoir de trois rouleaux de parchemins pour lundi. C’est l’année de nos B.U.S.E., mais quand même, on va mourir sous l’avalanche de devoirs ! Foutue astronomie. Le jour de mon anniversaire !
« Salut Mandy » qui me dit en s’asseyant en face de moi à la table de travail que j’occupais à la bibliothèque.
Je peux reconnaître sa voix entre mille, n’empêche que je sursaute à chaque fois. Je rature tout mon parchemin avant de poser ma plume.
« Stefen ! »
J’essaye de ne pas paraître trop paniquée, parce que, dans ces cas-là, je loupe tout et fais des bêtises. A moi, Lisa et ton calme olympien ! Il a l’air aussi mal à l’aise que moi.
« J’aimerais d’abord te souhaiter un bon anniversaire. Seize ans, c’est ça ? »
J’acquiesce lentement en souriant. Alors, Stefen se penche vers moi et me fait la bise. Sur les deux joues !
« C’est une tradition, chez moi… » Se justifie-t-il maladroitement.
Il a l’air désappointé lorsqu’il réalise qu’il a attrapé ce que j’appelle l’Encritite aiguë.
Les symptômes sont simples. A chaque fois que j’écris, étant gauchère, je me mets plein d’encre sur ma main et comme mes cheveux ne sont pas toujours bien coiffés (que dis-je ? Jamais !), quand je remets une mèche de cheveux derrière l’oreille, je me fous de l’encre de l’encre partout. Foutue majorité droitière.
Je ris nerveusement.
« Désolée. Je suis gauchère et ... »
« Je sais, Wayne aussi.»
Wayne Hopkins ? Mais, ce mec-là est toujours nickel chrome ! Où il n’écrit que très rarement… Botte secrète !
Je dus avoir un air étonnée, car Stefen reprit.
« Il a des plumes Spécial Gaucher. C’est artisanal. Je t’en donnerais quelques unes, si tu veux. »
Je me disais, aussi. Il se tortille sur sa chaise avant de se lever.
« Ben… salut. »
Je ne répondis pas, trop occupée à le regarder. Il allait disparaître quand, subitement, je le halais.
« Stefen ! »
Il se retourne, surpris. Rouge pivoine, je parviens à lui proposer :
« Euh… tu veux venir avec moi, Lisa et Morag à la sortie de Pré au lard, Samedi prochain ? Et euh… »
« Silence ! »
Ca y est, notre bibliothécaire enragée vient de débouler de derrière un rayon, plumeau en main. Stefen revint sur ses pas.
« Bah j’y vais avec Wayne. Je lui demanderais si il veut bien. Je te confirme ce soir, d’accord ? Au dîner. »
Il me fait un petit signe de la main et part. J’essaye de me replonger parmi les étoiles de Sinistra, mais très vite, je pars aussi de la bibliothèque, faute de concentration. Plus tard, l’astronomie !
Stefen Cornfoot vient avec moi à Pré au lard ! Enfin, peut-être… Seul défaut : en bon Poufsouffle, Stefen n’oublie pas son meilleur ami Hopkins… Comme moi avec Lisa et Morag !
Quand j’arrive dans mon dortoir (Serdaigle filles, cinquième année), la R.I.T.M. est allumée à fond. Au milieu de la pièce, Lisa et Su sont en pleine démonstration de french cancan et Morag pliée de rire.
Mais… mais c’est quoi ce ridicule levé de jambes ? Mêmes pas tendus comme il le faut ! Je fait semblant de soupirer d’exaspération en les poussant sur le côté et appelle Morag.
C’est comme cela qu’il faut faire ! Jambe tendue, jambe pliée… Une, deux… Une, deux…
Morag est encore plus hilare qu’avant. Tout à coup, elle s’effondre en riant, m’entraînant dans sa chute. Et bien oui, on qualifier Morag de légèrement boulotte et moi, qui est encore plus petite qu’elle, toute frêle comme dit Lisa.
J’éclate de rire à mon tour et toutes les deux, par terre, on a les larmes qui coulent de nos yeux. Tout à coup, je m’écris :
« Stefen Cornfoot est venu me parler ! »
Morag se calme. Su et Lisa se précipitent vers moi et me presse de raconter. Je les laisse s’exciter et puis, coupant le suspense, je déclare :
« Il m’a souhaité mon anniversaire. Je vous rappelle qu’aujourd’hui, j’ai seize ans ! »
Je souris malicieusement en voyant leurs mines déçues.
« C’est vrai ! Nous sommes le seize novembre mil neuf cent quatre vingt quinze ! Et d’ailleurs… » Fait Su en dodelinant de la tête, ses mèches noires virevoltantes dans son dos.
Mais Lisa lui tape le bras en lui intimidant de se taire. La jolie chinoise la fusille des yeux avant de se rappeler quelque chose et de faire un sourire contrit.
« Mais qu’est-ce que… »
« Tu verras ce soir. » me coupe Lisa d’un air entendu.
Message compris. Laisse tomber. La musique, que nous avons oubliée, baisse brusquement. Su se retourne brusquement.
« Padma ! » jette-t-elle furieusement.
Un matelas grince, il y a un bruissement de rideaux. Notre chère indienne sort, baguette à la main. Ah ! Elle a sa tête des mauvais jours.
« Avez-vous vu le bruits que vous faisiez ? Et d’ailleurs, vous n’avez pas vos devoirs d’astronomie à finir ? »
Contrairement à moi, Padma est cent pour cent Serdaigle. Et d’ailleurs, pour moi, c’est à commencer, pas à finir !
« Moi, c’est terminé ! Hier soir, vingt-deux heures ! » S’exclame Su en se précipitant dans son armoire pour exhiber fièrement une liasse de trois rouleaux de parchemins.
Je sais que Morag est plus en avance que moi sur ce devoir, vu mon dégoût pour cette matière. Lisa doit l’avoir fait hier soir avec Su, pour avoir son week-end de libre. Donc, je peux croire que je suis la seule à ne l’avoir pas fait. Ma théorie se confirme avec les sourires de Morag et Lisa.
« Tu ne l’as pas commencé ? » s’étonne Lisa.
Les lèvres de Morag forment un rictus. Des fois, je me dis qu’elle pourrait être à Serpentard. Et moi à Poufsouffle.
« C’est bon, pas besoin de se moquer. » maugréer-je. « Il est midi passé, vous voulez aller manger ? »
Morag et Su m’empoignent alors par les deux bras pendant que Lisa s’écrie que c’est une bonne idée. Je réussis à les convaincre que je dois d’abord aller me laver les mains et le visage. Je reviens cinq minutes plus tard, Lisa est là, en train de vérifier son balai et discute tranquillement avec Padma. Je devine que Morag et Su sont déjà descendues manger. Ventres sur pattes !
Je passe les portes de la Grande Salle avec Padma et Lisa et nous croisons deux Gryffondor : Seamus Finnigan et Dean Thomas. Lisa aussi s’aperçoit du roux et je rigole un peu quand elle se redresse et… Ha ! On peut dire qu’elle est vraiment amoureuse de Finnigan… Oups ! C’est vrai qu’il faut dire Seamus…
Je m’assoie en face de Su qui ingurgite fourchettes sur fourchettes… Comment peut-elle manger tout ça ? Le pire, c’est qu’elle n’est pas du tout grosse ! Où passent toutes ces calories ? Mystère et crin de licorne…
De ma place, je vois toute la salle. Il y a le rat de bibliothèque Gryffondor qui se dispute avec un des grands frères de Ginny Weasley, Ronald, je crois et l’autre mal embouchée de Serpentard est à sa table, j’ai nommé Tracey Davis… Oh oh ! Stefen et Hopkins mangent à la table des Poufsouffle… Ma proposition à Stefen me revient subitement.
« Morag, Lisa… au fait … »
Mes deux copines lèvent la tête, Morag tenant un bout de tarte à la main. Je leur explique rapidement, et Lisa sourit malicieusement.
« Si tu veux, si tu veux… »
Attends ! Tu ne vas pas me refaire le coup de l’autre fois où tu m’avais laissé avec Eddie Carmichael qui avait essayé de m’embrasser ! Elle devine mes pensées et secoue sa tête.
« Ne t’inquiète pas ! »
On finit de déjeuner et tout de suite après, Morag m’entraîne à la bibliothèque. Pour finir ton devoir d’astronomie, dit-elle. Elle me traîne à la bibliothèque plus qu’autre chose et quand nous sommes assises à une table au fond des rayons, oh ! Miracle ! C’est trois rouleaux de parchemins qu’elle me tend. Un devoir d’astronomie !
« Cadeau ! »
Puis elle sort sa baguette. Non ! Ne les efface pas ! C’est qu’elle en serait bien capable. Quand je vous dis qu’elle pourrait être à Serpentard ! Elle murmure quelque chose. Quelle est la formule ?
Les lignes se brouillent. Eh… non ! Mais les lettres se reforment, et je remarque que… c’est toujours un devoir d’astronomie ! Et ! De ma belle écriture toute brouillonne !
Et ben dis donc, pour être un cadeau, c’est vraiment un cadeau !
Mes yeux brillent toute l’après-midi que nous passons à bavarder, à nous promener dans la château ou dans le parc.
Nous croisons les jumeaux Weasley au septième étage. Ils conversent avec véhémence sur des baguettes farceuses et pralines longues langues. Je leur demande gentiment s’ils ont mis leurs boîtes à flemme au point. Ils me répondent qu’ils viennent juste de trouver l’antidote de la pastille de Gerbe, l’essence de Murlap. Et se demandent pourquoi une si jolie Serdaigle comme moi (ce sont leurs mots !) aurai besoin d’une boîte à flemme. Parce que, normalement, les Serdaigle sont des acharnés du travail ? Non ! Pas moi, en tout cas ! Erudite, oui, mais pas acharnée ! Je grogne le nom de ma matière détestée, cette bonne vieille astronomie !
Ils rigolent mais m’en vendent une à prix : trois gallions ! Vendue ! On règlera cela discrètement demain matin au petit déjeuner.
Justin Finch-Flechtley, un Poufsouffle que je trouve un peu gonflant,nous croise et propose à Morag, dont il est amoureux, d’aller prendre une collation, comme il dit, aux cuisines.
Et moi, je suis une vieille chaussette trouée, que l’on laisse tombée, c’est ça ?
Heureusement pour moi, Morag arrange la situation en proposant d’aller tous les trois goûter. Justin serre les lèvres mais accepte, presque à regret. Dommage pour ton tête-à-tête avec ta dulcinée, Finch-Flechtley !
Je m’empiffre plus qu’autre chose pour avoir quelque chose d’autre à faire que d’écouter le Poufsouffle qui essaye de séduire ma chère meilleure amie. Moi, je l’aurai envoyer balader depuis longtemps, mais Morag l’écoute attentivement, comme si il lui expliquait une leçon de Métamorphose, hochant la tête quelque fois et grignotant ses muffins à la myrtille. Puis elle commence à parler de Portree, sa ville natale. J’y suis allée deux étés de suite chez elle, et connais bien Portree, peut-être aussi bien Stoke-on-Trent, ma ville d’origine. Whitby, terre ancestrale de Lisa, est jolie aussi, bien que ses parents moldus soient un peu bizarres.
On arrive à se débarrasser de Justin.
« - Qu’est-ce qu’il est collant, Morag, ton chevalier servant, tu ne trouves pas ? » souffle-je alors que l’on faisait le tour du lac.
Elle fit une moue en haussant les épaules.
« - Non, il est très sympa, je trouve. »
J’émis un petit rire moqueur à son intention.
« - Bien sûr. Ne me dis pas que l’histoire de sa famille et le nombre de pièces dans son manoir t’ont passionnée ? »
« - Si, c’était assez intéressant. En plus,… »
Je continue de me moquer.
« - Bien sûr, bien sûr. Je te crois, Morag Macdougal. Je te crois ! »
Elle s’arrête de marcher. Me regarde dans les yeux, la colère montant dans ses yeux bleus. Même ses frisettes de cheveux roux bruns semblent électriques. Elle pointe son index vers moi.
« - Tu sais quoi, Mandy ? J’en marre. J’en ai marre de toi. Et tu sais pourquoi ? »
Elle est furibonde, et vraiment en colère. Je ne l’avais jamais vu comme ceci. Elle enfonce son doigt dans ma poitrine.
« - Tu n’arrêtes pas de te moquer de moi ou de Lisa, quand un gars qui nous intéresse ou qui s’intéresse à nous, quand ce n’est pas pour toi, ma petite. Je te vois bien rire quand Lisa essaye de séduire Seamus Finnigan en apprenant le gaëlique et moi, quand Justin est venu, tout à l’heure. J’aurais pu aller avec lui, mais, en bonne copine, je ne t’ai pas laissé tomber, comme toi avec moi et Lisa, quand les garçons t’appellent. Alors petite égoïste, ne pense pas qu’a ton nombril ! »
Elle me fait vraiment mal maintenant, avec son index. Elle relâche la pression et tourne les talons, se dirigeant vers le château. Prise d’une soudaine inspiration, je lance fortement :
« - Tant mieux ! Bon débarras ! Moi aussi j’en ai ras la casquette de toi !»
Elle se pétrifie avant de se retourner lentement. Elle revient vers moi, et me fait tomber à terre.
« - Brocklehurst, ce n’est pas parce que tu es une des jolies filles de Poudlard que tu es supérieure aux autres. Sache que les Serdaigle comme moi avons prévu depuis longtemps la fête de tes seize ans, comme le veux la tradition, mais tu vas voir, Brocklehurst, tu vas regretter d’avoir agi comme ça. »
Je lui souris d’un air arrogant.
« - Tu vas regretter tout cours. »
Et elle se jette sur moi. Nous nous battons par terre, dans la neige, comme des folles. Des élèves se regroupent autour de nous et commencent à nous encourager. Personne ne bouge, et j’ai pas l’avantage sur cette fille, grosse et plus grande que moi. Ses ongles longs griffent mon visage, alors que les miens ne me servent à rien étant rongés. Je parviens à lui décocher un coup de poing dans son menton en galoche avant d’être soulevée du sol.
« - Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ? »gronde la voix sourde de Hagrid.
Il me faisait un peu peur avant, mais maintenant, avec tous ses bleus sur le visage, il me terrifie carrément. J’étais soulevée par sa main droite et Morag Macdougal par la gauche et l’autre fille saignait du nez et avait un gros bleu qui grossissait sur sa joue. Elle avait aussi les cheveux décoiffés, et plein d’autres petites blessures, ce qui ne lui empêche pas de glapir, furieuse :
« - Elle a dit que Harry Potter et Dumbledore disaient vrai à propos de ce qui s’était soi-disant passé en juin dernier ! » ment-elle.
C’est vrai que sur ce point nous ne sommes pas d’accord, que je suis avec Dumbledore et Harry Potter et pas elle, mais ces dernières minutes, nous n’en avions pas parlé.
Les petits yeux d’Hagrid brillent quand il approche la tête de Macdougal contre la sienne. Il me pose par terre.
« - C’était une raison suffisante pour la battre ? » grogne-t-il.
« - Que ce passe-t-il ici ? Hagrid ! Lâchez immédiatement cette élève !»
Ombrage, notre prof de défense contre les forces du mal, arrive en courant. Quand elle me voit, par terre, moi aussi blessée, elle pousse un cri.
« - Hagrid ! Qu’avez-vous fait à ces deux élèves ? Etes-vous fou ? »
J’essaye d’expliquer mais je fis juste un grognement. Mes joues me font mal et je sens du sang couler sur mon visage. Je dois avoir l’arcade sourcilière gauche ouverte.
Ombrage l’interprète par un signe de douleur. Elle avise deux grands et costauds garçons pour qu’ils amènent moi et l’autre fille jusqu’au l’infirmerie. La grande inquisitrice dissipe la foule de curieux et nous suis avec Hagrid.
Les minutes suivantes sont brumeuses. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien. J’entends encore le cri perçant de Mme Pomfresh quand elle nous vit débarquer, la douleur quand elle me soigne le sourcil, la stupéfaction que j’ai quand je vois mon visage bleuté dans le miroir tendu par l’infirmière…
Je suis à présent sur pied, juste une heure plus tard, et avec Macdougal dans le bureau de Dumbledore, qui nous regarde par-dessus ses lunettes en demi-lunes.
« - Je ne pense pas qu’une divergence d’opinion soit à l’origine d’une pareille altercation. Ai-je raison, Mesdemoiselles ? »
Il vient d’entendre la fable que lui a raconté Mcdougal.
« - Toutefois, je ne préfère pas savoir les vrais raisons de cet accrochage. Cela ne regarde que vous deux. J’espère seulement que cela ne reproduira plus, Mesdemoiselles. »
Il hoche lentement la tête quand nous acquiesçons. Comprenant le message que l’entrevue était terminée, je sors la première du bureau directorial, presque en courant. Sur ce point-là, je crois que je suis totalement Serdaigle. Je déteste aller là !
Dans le couloir, j’échange un regard furieux avec mon ancienne amie. D’un côté, je ne comprends pas. Je ne la comprends pas. Pourquoi s’est-elle emportée comme cela ? Quand je questionne Lisa qui passe dans le corridor du troisième étage, elle me répond assez brièvement, curieusement surtout.
« - Je savais que cela devait arriver un jour. Souffle-t-elle. De toute façon, tu crois que tu n’es pas un peu coupable de ce qui arrive. Je crois que tu devrais un peu te remettre en cause, quelquefois. Dommage que cela arrive précisément le jour de tes seize ans. »
J’essaye de l’interroger sur la soi-disant fête de tradition des seize ans chez les Serdaigle mais elle me fait un sourire en coin.
« - Tu dois être la seule Serdaigle à ne pas savoir. De toute façon, n’essaye pas d’aller dans la salle commune avant le dîner, tout le monde t’en dissuadera. »
Je déteste l’expression favorite de Lisa, « de toute façon ». Je bougonne un peu, mais elle me plante là. Je me décide à aller à la bibliothèque élucider le mystère des seize ans chez les Serdaigle. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
A la bibliothèque, je repère une biographie de Rowena Serdaigle tout en haut d’un rayonnage. Je grommelle un Accio pour l’attraper. Je déteste être petite dans ces cas-là !
En me laissant tomber sur une chaise d’une table de travail, je cherche fébrilement dans le sommaire. Rien qui pourrait m’intéresser. Je me mets alors à feuilleter les pages en vélin jaunis sur les bords. Il y a beaucoup de renseignements. Normal, c’est une copie de ses mémoires.
J’apprends alors que la fondatrice de ma maison était la plus jeune des Quatre de Poudlard. Vingt-cinq ans de différence avec Helga Poufsouffle, qui fut pourtant la confidente de Rowena Serdaigle, quinze ans avec Godric Gryffondor et que cinq avec Salazar Serpentard, avec qui elle avait eut un garçon et une fille.
Je trouve enfin ce que je cherche.
La légende veut que Gryffondor soit le plus courageux des Quatre, mais de mon point de vue, je pense que Rowena Serdaigle avait un sacré courage pour s’enfuir de sa famille, renier tout et vagabonder sur les routes pas du tout sûres du milieu du Moyen Age anglo-saxons. Toute seule ! C’était quand même une très jeune femme frêle sans défense ! Et devinez quoi !
C’était à ses seize ans !
C’est sûr que là, tout s’explique ! Je demande à une fille de Poufsouffle qui travaille à côté de moi si elle peut me prêter un bout de parchemin, une plume et de l’encre. Elle me prête tout, même la plume qu’elle utilise et je note rapidement le titre du livre : « Mémoires de Rowena Serdaigle ». En échange, elle me demande de lui monter un sortilège hyper simple pour ma part mais qu’elle n’arrive pas. Je la remercie et pars de la bibliothèque en fourrant le bout de parchemin et ma baguette dans ma robe.
Je grimpe les escaliers vers la Grande Salle pour dîner. Personne de Serdaigle de mon année n’était attablé. Il y a bien Luna Lovegood, mais je ne me sens pas trop d’humeur pour aller manger avec elle. Quoi que…
Par chance, j’aperçois Megan Jones et Susan Bones à la table des Poufsouffle. On est un peu amies, et elles acceptent que je dîne avec elle. On est en train de discuter lorsque les garçons Poufsouffle de la promotion arrivent. Ils s’asseyent de par et d’autre, et j’ai Stefen à ma droite, Ernie MacMillan à ma gauche.
Zacharias Smith, à mon grand étonnement, embrasse Megan et garde sa main autour de sa hanche pendant tout le repas. Cela ne semble pas la déranger et ce n’est qu’après que je comprends qu’ils sortent ensemble. Il me demande si c’était vrai que moi et Morag Macdougal nous nous étions battus.
« - Oui, c’est exact. » Réponds-je en me resservant de pommes de terres sautées.
Zac, comme il m’a permis de l’appeler, parait impressionner. Les autres aussi.
« - Et tu n’es pas allée à l’infirmerie ? » s’étonne Susan.
« - Si, bien sûr. Elle était vraiment coriace, celle-là ! » plaisante-je au sujet de Morag Macdougal.
Ils éclatent de rire. Sauf Stefen, qui fronce les sourcils en scrutant mon visage.
« - Tu avais l’arcade sourcilière ouverte, Mandy. » Fait-il en touchant légèrement mon sourcil gauche.
Ce doux contact faillit me faire frissonner. Heu… rectification, ce doux contact me fait frissonner ! Stefen doit le sentir, car il sourit, un peu moqueur et content de son effet. En plus, je deviens poète !
« - Tu as eu de la chance de pouvoir sortir ce soir, moi, l’infirmière m’aurait garder trois quatre jours ! »
Wayne Hopkins, qui est à côté de Stefen, lui fait une bourrade amicale.
« - Toi, c’est sûr, tu es un petit casse-cou, hein, Stefen ? »
Il espérait nous faire tous rire, mais sa remarque était un peu… comment dire ? Nunuche. J’émets un rire nerveux. Il ne parait pas s’en formaliser mais me regarde dans les yeux. Les siens sont vairons. Noir et vert. C’est vraiment bizarre, mais on s’habitue à tout, non !
Les Poufsouffle essayant de voir quelle autre maison à Poudlard leur irait le mieux, je me prête au jeu, et, après une ribambelle de questions, Susan m’annonce que je peux être une Gryffondor.
« - Ne serait-ce que pour ma tendance à foncer dans le tas sans réfléchir, oui, je pourrais être chez les Gryffondor… »rigole-je.
« - Mais c’est comme cela qu’on t’aime, Mandy ! » offre une petite voix fluttée, derrière moi.
C’est Su, sa couette de travers sur la tête, ses yeux bridés étincelants. J’ai soudain une pointe de honte au fond de moi. N’ai-je pas laisser tomber mes amies Serdaigle quand sont venues manger ? Je les voyais bien, du coin de l’œil, mais j’étais trop contente d’être à côté de Stefen.
« - Mandy, tu viens ou pas ? Je te rappelle qu’aujourd’hui tu as seize ans. Et tu es une fille, étudiante à Serdaigle, non ? »
Je me lève comme un condamné qui va à la potence, un peu coupable de les avoir laisser tomber. Su rie gentiment.
« - Ne fais pas cette tête et viens avec nous, si tu ne t’es pas encore totalement transformé en Poufsouffle… »
Elle adresse un grand sourire à toute la tablée et Wayne Hopkins la regarde d’un œil méfiant. Megan se retient difficilement de rire. Elle a bien compris que c’était pas méchant, elle !
Je leur dit salut rapidement et au moment au j’allais partir, Stefen me retient par la manche.
« Pour samedi prochain, c’est d’accord. Mais je serais seul, Wayne a besoin de rester ici. » me chuchote-t-il.
Quand je pars avec Su, je crois qu’un grand sourire éclaire mon visage. Stefen seul, avec moi et Lisa. Ah, cette fois-ci j’espère qu’elle va me laisser seule, quelques minutes avec lui
(image : dessin de moi )
Voici une de mes premières fanfictions sur Harry Potter.
C’était un matin comme les autres, à Poudlard.Un mardi matin de novembre comme les autres. Enfin, presque.
A la table des Gryffondor, une jeune fille touillait son porridge d’une main lasse, seule. Lily Evans était seule encore une fois. La jeune rousse aux yeux d’émeraude était en troisième année, et aujourd’hui, elle avait quatorze ans.
Quatorze ans de solitude, de mépris. Toute petite déjà, elle était seule. Personne ne voulait jouer avec elle. Aucun ami. A l’école primaire, toujours rejetée. Trop intelligente, trop instruite.
Et puis au collège. Un nouveau départ avait-elle pensé. Elle y avait cru, elle aurait des amies. Elle se l’était promis. En vain. Comme une fourmi sur du marbre noir, personne ne la voyait. Fondue dans le paysage, elle était la plus impopulaire de Poudlard. Seuls les professeurs la connaissaient. Et encore…
« Encore personne pour mon anniversaire. » pensa la jeune fille avec amertume.
Comme elle avait fini son petit déjeuner, elle se leva en soupirant et se dirigea vers la tour nord, où elle avait Divination.
Sur son chemin, elle croisa les garçons de son année, les Maraudeurs. Les gars les plus populaires du collège, et qui ne devait même pas la connaître. En passant à côté d’eux, elle entendit Sirius Black, un des meneurs des Maraudeurs demander à la cantonade :
« Vous avez vu ? Il y a une nouvelle à Gryffondor ! »
Même pas son année la connaissait. Personne ne la connaissait. Ravalant ses larmes, elle monta sur l’échelle d’argent qui menait dans sa salle de cours. Le gros insecte humanoïde qui lui servait de professeur se tourna vers elle quand elle apparut dans le grenier qui servait comme salle de cours et lui dit, d’une voix doucereuse.
« Ma chérie, vous avez Mars dans votre cinquième maison. Cette journée peut changer votre vie. »
Lily resta interloquée. Pour une fois qu’elle ne comprenait rien. Elle n’écouta rien au cours, ni aux autres d’après, contrairement à ses habitudes. L’annonce de son professeur de Divination la tourmentait.
Puis, arrivée au dîner, elle retomba dans sa solitude, pestant contre sa prof qui lui avait fait espéré, inutilement, un changement important. Elle expédia vite fait son assiette, puis alla dans son dortoir se cacher.
Cachée sur son lit à baldaquin, les rideaux fermés, elle laissa cours à ses larmes. Jamais elle n’aurait d’amis, jamais elle serait sur le devant de la scène.
Après avoir pleuré, les yeux rougis, les joues baignées de larmes qu’elle essuya du revers de la manche de sa chemise, elle descendit dans la salle commune pour faire ses devoirs.
Lily se réveilla en sursautant. Il était plus de minuit et elle s’était endormie sur ses livres de cours éparpillés sur une table. L’encre de sa plume gouttait régulièrement sur la dissertation qu’elle écrivait et ses longs cheveux roux étaient désordonnés, cachant la moitié de son visage.
Le bruit qui l’avait réveillé se renouvela. Se redressant, Lily comprit que quelqu'un ronflait, assoupit devant la cheminée.Se levant sur la pointe des pieds, elle aperçut James Potter, l’autre meneur des Maraudeurs. Celui-ci bougea un instant dans son sommeil et re-ronfla.
D’après ce que Lily comprit, lui aussi était en train d’écrire ; résultat : l’encre de sa plume coulait sur sa joue, puis sur son parchemin. Lily pouffa silencieusement : le Maraudeur était en partie bleu noir !
Ella décida de ranger ses livres, puis monta se coucher. Manque de chance, elle trébucha sur un coin du tapis et chuta, laissant tomber par terre ses livres, parchemins et plume. Son encrier se brisa, répandant son contenu sur le beau tapis de velours.
Tout ce chuintement fit un bruit d’enfer, qui provoqua l’éveillement du jeune homme. Il sursauta brusquement, et se tourna vers la source de ce vacarme. Lily se traita mentalement d’idiote, et de tous les noms d’oiseaux qu’elle connaissait, moineau sans cervelle en premier.
« - Non mais oh ! Tu peux pas faire attention ? Et … grogna-t-il avec fureur.
- Je … suis vraiment désolée… Pardon…balbutia la fautive, pleine d’encre. »
Elle se tu quand elle vit qu’il la regardait bizarrement. Elle se releva en vitesse, rassembla ses affaires et monta en un coup de vent, sans un regard vers James. Elle ne vit pas qu’il esquissait un mouvement comme pour la retenir.
Elle jeta ses livres dans sa malle, et s’affala en pleurant encore. Lily Evans n’aurait aucun ami, faisant toujours tout de travers, s’appropriant les foudres des autres. James l’avait regardé méchamment, elle en était sûre. Sa prof de Divination s’était trompée, aujourd’hui n’avait rien changé dans sa vie. Lily pleura jusqu'à ce que le sommeil la prenne, longtemps après.
Lily Evans était condamnée à être seule, toute sa vie. Elle le croyait, elle en était sûre.
Ce que Lily Evans ne savait pas, c’est James Potter était tombé amoureux d’elle quelques minutes plus tôt, qu’il avait eut un véritable coup de foudre pour elle, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort. Elle ne savait pas que sa vie allait être différente dès le lendemain matin. Qu’elle serait maintenant sur le devant de la scène, et plus dans les coulisses.
Lily Evans allait devenir célèbre.
C’était les vacances de Noël. Dans la salle commune des Préfets-en-Chefs, Lily Evans, élève Gryffondor de Septième année lisait un des nombreux livres qu’elle avait reçus à Noël, le matin même. Elle n’avait pas bougé de son fauteuil depuis trois heures, à part pour aller chercher un paquet de Chocogrenouilles à grignoter.
Quand son homologue apparut dans la pièce elle ne leva même pas la tête, très absorbée par le sort de David Copperfield.
James Potter, préfet-en-chef, rentrait de sa ronde habituelle. Il avait eut le temps de réfléchir à sa vie amoureuse. Il aimait encore et toujours la belle Lily Evans, qui n’esquissa pas un mouvement quand il apparut. En passant près d’elle, il ne la quitta pas des yeux, et faillit trébucher sur Callidore, le chat de sa belle. L’animal se maintint en position d’attaque tandis que le préfet courrait vers sa chambre.
James s’écroula sur son lit. Il n’en pouvait plus. Plus du tout. Si ça continuait, il allait devenir fou. Aussi fou que l’amour qu’il portait à Elle, cette préfète qui ne voulait pas de lui, même si ça s’était apaisé cette année. Cette préfète qu’il voulait toucher, prendre dans ses bras, qu’il voulait embrasser, qu’il voulait… il la voulait. Pire que tout. Plus que tout. Lily Evans.
Pour ce calmer, il sortit une boîte de son armoire. Puzzle, cinq cents pièces. Un vieux puzzle magique, que lui avait offert sa défunte mère. Pour ses dix ans. Il l’avait fait des centaines de fois, mais il l’adorait. James Potter était un mordu de Quidditch, un mordu de Lily Evans et un mordu de puzzle. Et quand on conciliait deux de ces choses, comme ce puzzle que lui avait offert sa mère, il comptait cet objet comme un de ses objets les plus précieux.
Le puzzle représentait un match de Quidditch. Immobile pour le moment, mais quand toutes les pièces seraient assemblées, l’image s’animerait. Et James resterait des heures durant lesquelles il admirerait le dessin animé.
James redescendit dans la salle commune qu’il partageait avec Lily Evans. Cette dernière avait les doigts plongés dans les longs poils de son chat angora et lisait encore son livre. Elle mâchouillait un Chocogrenouille, la carte des sorciers célèbres posée sur la table basse devant elle. James s’approcha d’elle et s’assit en face de sa préfète préférée. Il remarqua que la Carte de Chocogrenouilles était celle de Mopsus. Il hésita. Lily ne collectionnait pas les cartes de Chocogrenouilles, mais sa meilleure amie, Emma Ackerley, si. Lily voudrait-elle bien la lui donner ?
« - Euh… Lily … commença-t-il.
- Oui ?
Lily leva la tête de son livre et le regarda dans les yeux.
- Je me demandais… Est-ce que Emma Ackerley a la carte là ? Demanda-t-il en montrant Mopsus.
- Je ne sais pas. Tu la veux, n’est ce pas ?
- Oui, si ça ne te dérange pas de me la passer ?
Elle sembla réfléchir une seconde.
- D’accord, vas-y, tu peux la prendre ! dit-elle enfin avec un sourire.
Elle poussa doucement la carte vers lui du bout de ses doigts. James la prit lentement, entre son index et son majeur. Il la fit tourner entre ses doigts et demanda à Lily :
- Tu sais qui est Mopsus ?
- Non. Tu peux lire sa description, s’il te plaît ? fit avidement la préfète.
- « Devin de la Grèce antique qui triompha du prophète Calchas. Mopsus était le fils d'Apollon et de Manto ; il fonda l'oracle d'Apollon à Colophon. Il donna également son nom à la potion de Mopsus. » Lut James à haute voix.
- Ah oui, c’est vrai ! Le professeur Binns nous en a parlé, il y a quelques temps, en même temps que Cliodna ! Se rappela Lily en claquant des doigts.
- Tu l’écoutes ? Non ! J’y crois pas !
Lily lui fit un sourire malicieux, et James se sentit fondre aussitôt. Qu’est ce qu’il l’aimait !
- Je lis juste le cours sur le manuel… et j’essaye de l’écouter… »
Elle repartit dans le destin de David Copperfield, et laissa James qui était aux anges. Sa première conversation normale avec Lily Evans, le premier sourire qu’elle lui avait fait… Elle s’était un peu confiée à lui, il avait appris quelque chose sur elle…
Boosté par cet échange, il déballa son puzzle, tria les pièces et commença à les assembler.
Une heure et trois quarts plus tard, Lily avait fini son livre, et s’était levé de son fauteuil pour aller chercher un paquet de Patacitrouilles, qu’elle avait reçu à Noël d’Emma, qui était rentrée chez elle. Son père tenait un restaurant sur le chemin de Traverse, Les Gargouilles Chantantes, et Emma était partie l’aider pour les fêtes.
Quand elle revint, deux minutes plus tard, James était à la moitié de son Puzzle, et on devinait déjà des buts, le gardien et quelques Poursuiveurs, l’un tenant le Souafle. Lily s’assit en face, et le regarda poser les pièces avec dextérité et précision.
Elle l’aimait. Plus que tout. Plus que Callidore, son chat. Plus que ses études. Plus que tout. Pourquoi devait-elle toujours refuser ses avances ? Elle en souffrait, et quand elle devait lui hurler dessus et l’envoyer balader, elle … Devait ? Mais … Pourquoi ? Elle n’avait aucune obligation à l’envoyer sur les roses. Ah, si ! Sa fierté. Mais qu’est la fierté par rapport à l’amour ? Rien du tout.
James leva les yeux vers Lily, sentant son regard posé sur lui. Elle était en train de rêvasser.
D’un garçon pensa amèrement James en serrant les dents. Si un garçon osait poser ses sales pattes sur sa Lily, il allait le démonter. Et il l’avait déjà fait. Rodolphus Lestrange, petit mangemort en herbe. Ils avaient passé chacun une semaine à l’infirmerie, plus une en retenue pour James. Mais Lily n’avait pas de prix pour lui.
James se re pencha pour mettre l’avant-dernière pièce. Quand il chercha la dernière pièce, elle n’était pas sur la table. Il s’inclina sous la table pour la chercher. De l’autre côté, Lily avait fait de même. Ses cheveux étaient par terre, encadrant son visage. Elle se releva en même temps que James. Et tenait la pièce manquante dans ses doigts.
Lily se leva en souriant, s’assit sur le rebord du fauteuil qu’occupait James. Sa cuisse contre mes côtes. Ne pas penser à ça. Réfléchissant James à toute vitesse sans bouger. Lily se pencha. Mit la pièce à sa place. Se releva.
James ne pouvait plus. N’en pouvait plus. Il agit sans réfléchir.
Tout se passa en un éclair. James colla littéralement Lily contre lui et l’embrassa passionnément. Littéralement surprise, Lily mit quelques secondes à analyser ce qui ce passait. Et, à la grande stupéfaction de James, elle répondit.
Sur la table, le dessin du puzzle s’animait.